À propos

Les images de gigi alexeev évoquent tout à la fois l’art naïf, les illustrations didactiques, l’architecture néo-byzantine et la décoration. Enchevêtrements de paysages mêlant arts populaires et imageries sacrées, ses peintures redonnent toute leur valeur aux petites histoires, à l’anecdotique, et font la cour aux arts dits décoratifs.

Références à la consommation, aux savoirs, aux mythologies contemporaines, les fresques de gigi alexeev révèlent également un regard ironique sur notre monde. Ses fantasmagories colorées racontent avec humour les signes tout à la fois mystérieux et fonctionnels de notre société, avec un goût qui donne autant d’importance à l’élégance ornementale qu’au regard de l’amateur.

Les multiples escaliers et les échelles représentés mènent, comme dans les rêves, vers des architectures impossibles. gigi alexeev nous promène ainsi dans une réflexion à la fois réconfortante et vertigineuse où toute chose se déplie en accordéon, comme dans un palais de miroirs. Son œuvre relève d’une archéologie sensible de notre présent, où la beauté est paradoxalement partout, et en même temps rare.

Johan Achermann Ostalrich

Née quelques jours avant la chute du mur de Berlin et peu après un passage à l’Ouest in utero et in extremis, je vis et travaille à Pantin.

À la fin de mes études à l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg, je participe à quelques publications collectives d’illustration (Journal Biscoto, Super Combo …). Je me forme à la maquette graphique auprès de maisons d’édition de bande dessinée (Cornélius, L’Association ), travaille pour des structures culturelles et réalise des supports de communication visuelle (Mille Visages Production, Sonia Rykiel …). 

Pendant une résidence (collectif Curry Vavart), je peins des scènes d’intimité domestique. Une commande me conduit à illustrer des intérieurs (site IFM Entrepreneurs, Institut Français de la Mode). Des pistes de recherche autours du décors sous différentes formes émergent.

En 2019, je débute le projet gigi alexeev et construis une cartographie visuelle composée de miniatures à la gouache sur papier et de plus grand formats à l’acrylique sur papier intissé.

Pour acquérir un cadre technique nécessaire à ma démarche, je suis des formations en peinture décorative et bâtiment puis travaille comme peintre sur des chantiers. Je suis alors motivée par la curiosité de l’univers du second oeuvre du BTP ainsi que des codes de la tradition artisanale du décor peint, du trompe-l’oeil, de la reproduction, du faux et ses liens avec l’Histoire de l’art.

gigi alexeev explore les thèmes importants de mon travail − 

  • la déambulation fantastique comme outil d’exploration psychique, 
  • la projection du monde intérieur sur l’extérieur, 
  • l’illusion et la révélation,
  • la folie et le trouble,
  • l’intimité et le huis clos, 
  • la déconnexion,
  • le retournement et le déplacement,
  • les références hétérogènes et l’amalgame, 
  • le remake,
  • le mythe fondateur, le récit d’apprentissage,
  • la valeur narrative du motif et des symboles,   
  • l’humour de l’absurde

− avec une volonté d’hédonisme dans le glissement de la réalité. 

gigi alexeev est une possibilité pensée avec l’envie de peindre sur les murs pour entrer dans les histoires de plain-pied.

gigi alexeev